Le conseil d’administration de CMGP Group a arrêté le 23 septembre les comptes consolidés du premier semestre, publiés le 29 septembre. Le chiffre d’affaires atteint 1 588 millions de dirhams, en hausse de 41,7%, l’EBITDA 269 millions (+50,8%) et le résultat net 130 millions (+34,7%). Le deuxième trimestre accélère nettement : +13,2% à périmètre comparable, après +3,6% au premier, freiné par les intempéries.
Trois lectures complètent le communiqué. La croissance vient d’abord des acquisitions : hors les trois sociétés entrées dans le périmètre, dans la chimie, les semences et les tracteurs, le chiffre d’affaires ne progresse que de 3,0%. La marge d’EBITDA gagne un point en données publiées, mais elle est stable à 16,9% à périmètre comparable : le gain vient des filiales acquises, plus rentables. Et l’endettement net passe de 949 à 1 083 millions en six mois, avant le dividende de 110,5 millions mis en paiement en septembre. Sans recommandation ni objectif de cours.
Le communiqué donne trois mesures de la croissance. En données publiées, le chiffre d’affaires gagne 41,7%. À périmètre comparable, en intégrant les sociétés acquises sur tout le premier semestre 2025, la hausse revient à 8,7%. Et ces sociétés ont contribué pour 433 millions, en hausse de 27,2% sur leur base proforma : la filiale de chimie industrielle de 15,2%, celle de semences de 42,2% et celle de tracteurs et d’équipements agricoles de 121,7%. Par différence, le périmètre historique du groupe réalise 1 155 millions, contre 1 121 millions un an plus tôt : +3,0%.
| Période | CA 2026 | Croissance publiée | Croissance proforma | Sociétés acquises | Périmètre historique |
|---|---|---|---|---|---|
| T1 | 710 | +31,2% | +3,6% | 175 (+20,9%) | 535 (−1,1%) |
| T2 | 879 | +51,7% | +13,2% | 258 (+32,2%) | 621 (+7,3%) |
| S1 | 1 588 | +41,7% | +8,7% | 433 (+27,2%) | 1 155 (+3,0%) |
Bases 2025 : publié 541, 579 et 1 121 millions ; proforma 685, 776 et 1 461 millions ; sociétés acquises 145, 195 et 340 millions. Premier trimestre et semestre publiés par l’émetteur ; T1 2025 publié déduit de la croissance annoncée ; deuxième trimestre des sociétés acquises et périmètre historique obtenus par différence : calculs MarocBoursier Research.
Le calendrier explique une partie du tableau. Au premier trimestre, les intempéries ont décalé des chantiers d’irrigation et d’infrastructure, et le périmètre historique a reculé de 1,1%. Au deuxième, il progresse de 7,3%, et les sociétés acquises de 32%. Le communiqué attribue l’accélération à un environnement agricole plus favorable après les précipitations de fin 2025 et de début 2026.
Par branche, l’agriculture réalise 1 467 millions (+36,9%) et les activités hors agriculture 122 millions, contre 49 millions (+9,4% en proforma). Dans l’agrofourniture, les films plastiques progressent de 73,8%, les engrais de 19,4% et les produits phytosanitaires de 5,6%. L’infrastructure, qui produit des canalisations pour l’adduction d’eau et l’assainissement, revient au niveau du premier semestre 2025 ; la chimie industrielle représente désormais 59% du chiffre d’affaires hors agriculture.
| Indicateur | S1 2025 publié | S1 2025 proforma | S1 2026 |
|---|---|---|---|
| Chiffre d’affaires | 1 121 | 1 461 | 1 588 |
| EBITDA | 178 | 247 | 269 |
| Marge d’EBITDA | 15,9% | 16,9% | 16,9% |
| Résultat net | 97 | n.d. | 130 |
| Marge nette | 8,6% | n.d. | 8,2% |
| Écart entre EBITDA et résultat net | 82 | n.d. | 139 |
Montants publiés par l’émetteur ; EBITDA proforma établi sur les données de gestion des filiales, résultat net proforma non disponible selon le communiqué ; marges et écarts : calculs MarocBoursier Research.
L’EBITDA atteint 269 millions, soit une marge de 16,9%, contre 15,9% au premier semestre 2025 en données publiées. Le communiqué y voit l’effet de l’amélioration des marges. La comparaison à périmètre comparable nuance la lecture : l’EBITDA proforma du premier semestre 2025, établi sur les données de gestion des filiales, était de 247 millions pour 1 461 millions de chiffre d’affaires, soit déjà 16,9%. À périmètre comparable, la marge est stable.
Le point gagné vient donc de la composition du groupe. Les 340 millions de chiffre d’affaires que les sociétés acquises ajoutaient au proforma 2025 portaient 69 millions d’EBITDA, soit une marge proche de 20%, supérieure à celle du périmètre historique. En les consolidant, CMGP Group relève mécaniquement sa marge moyenne. Les synergies dont le communiqué annonce le déploiement progressif ne se lisent pas encore dans la marge à périmètre comparable.
Le résultat net progresse de 34,7%, à 130 millions, moins vite que l’EBITDA (+50,8%). La marge nette recule de 8,6% à 8,2% du chiffre d’affaires, et l’écart entre EBITDA et résultat net passe de 82 à 139 millions. Le communiqué cite l’augmentation des charges d’intérêts liées à l’emprunt obligataire : 700 millions placés en novembre 2025 auprès d’investisseurs qualifiés, en deux tranches de 350 millions à sept ans et à taux fixe, notamment pour financer la croissance externe. S’y ajoutent vraisemblablement les amortissements des nouvelles unités industrielles et des actifs acquis, ainsi que l’impôt sur un résultat plus élevé.
Pour mémoire, au premier semestre 2025, les dotations aux amortissements représentaient 31 millions, les charges d’intérêts 9,5 millions et l’impôt 49 millions, selon le rapport financier semestriel. Les états financiers consolidés du premier semestre 2026 ne sont pas encore publiés ; eux seuls permettront de répartir les 57 millions d’écart supplémentaire.
L’endettement net, contrats de leasing inclus, atteint 1 083 millions au 30 juin, contre 949 millions fin 2025. Il avait légèrement baissé au premier trimestre, à 935 millions : la hausse de 148 millions s’est donc concentrée sur le deuxième trimestre, celui de l’accélération de l’activité. Le communiqué l’explique par l’augmentation du besoin en fonds de roulement qui accompagne la croissance, et précise que ce besoin reste stable rapporté au chiffre d’affaires en nombre de jours. Les investissements du semestre atteignent 73 millions, contre 22 millions un an plus tôt.
Rapporté à l’EBITDA du semestre annualisé, 538 millions, l’endettement net représente 2,0 fois. La mesure reste approximative : elle suppose un second semestre comparable au premier. Pour mémoire, l’endettement net n’était que de 155 millions fin 2024, avant le financement des acquisitions.
L’assemblée du 19 juin a été appelée à voter un dividende de 6,50 dirhams par action, soit 110,5 millions pour 17 000 900 actions, mis en paiement en septembre 2026 selon le projet de résolution. Il ne pèse donc pas sur l’endettement du 30 juin.
Dividende inclus, et toutes choses égales par ailleurs, l’endettement net du 30 juin avoisinerait 1 194 millions, soit 2,2 fois l’EBITDA annualisé du semestre. Le dividende représente 89% du bénéfice social 2025 de la société mère, 124 millions, et 45% du résultat net consolidé, 244 millions.
Les états financiers consolidés du semestre : amortissements, charges d’intérêts, impôt, part des minoritaires et besoin en fonds de roulement.
Le résultat net proforma, que le communiqué déclare non disponible faute d’arrêté semestriel des filiales.
La décomposition de la hausse de l’endettement entre besoin en fonds de roulement, investissements et paiements liés aux acquisitions.
Le rythme d’exécution du carnet de projets, dont 345 millions dans la plaine du Saïss et 94 millions à Khémisset, dont l’exécution a démarré.
L’endettement net au 30 juin : 1 075 millions dans la communication du deuxième trimestre, publiée fin août ; 1 083 millions dans le communiqué semestriel, qui précise inclure les contrats de leasing. La base de décembre reste à 949 millions dans les deux cas, et la hausse passe de 13,3% à 14,1%.
Résultat net ou part du groupe : le tableau du communiqué parle de résultat net, le texte de résultat net part du groupe, pour le même montant de 130 millions, alors que l’entrée de filiales détenues à 95% et à 70% crée des intérêts minoritaires. L’écart éventuel n’est pas publié.
Premièrement, le périmètre historique au second semestre : de −1,1% au premier trimestre à +7,3% au deuxième ; il faudra vérifier que le mouvement se prolonge avec l’exécution des projets en carnet. Deuxièmement, la marge à périmètre comparable, stable à 16,9% : c’est là que les synergies avec les filiales acquises devront se lire. Troisièmement, l’endettement net à fin décembre, dividende versé, pour mesurer ce que le besoin en fonds de roulement du deuxième trimestre aura coûté.
Un mot pour finir. CMGP Group signe un semestre de forte croissance publiée, mais sa lecture tient en trois chiffres : 41,7% en données publiées, 8,7% à périmètre comparable, 3,0% pour le périmètre historique. Les acquisitions ont apporté le volume et le point de marge ; elles ont été financées par la dette, qui approche 1,2 milliard dividende inclus. Le deuxième trimestre, avec 7,3% de croissance hors acquisitions, montre que l’activité historique peut suivre. Le second semestre dira si elle le peut durablement.
Avertissement. Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue ni un conseil en investissement, ni une recommandation d’acheter, de conserver ou de vendre. Il repose sur les communiqués et documents officiels de l’émetteur et sur des calculs explicitement signalés comme tels. Le périmètre historique est obtenu par différence entre le chiffre d’affaires consolidé et la contribution publiée des sociétés acquises. L’EBITDA proforma repose, selon l’émetteur, sur des données de gestion non auditées. Le ratio d’endettement rapporte une dette de fin de période à l’EBITDA du semestre annualisé, sans tenir compte de la saisonnalité. L’endettement net dividende inclus est une estimation arithmétique qui ne tient pas compte des flux postérieurs au 30 juin. Aucun objectif de cours n’est formulé. Tout investissement en instruments financiers comporte des risques, dont un risque de perte en capital.