Ennakl Automobiles, importateur officiel en Tunisie des marques du groupe Volkswagen, coté à Tunis et à Casablanca, a publié ses états financiers intermédiaires au 30 juin 2026, individuels et consolidés, établis selon les normes IFRS et soumis à un examen limité des commissaires aux comptes. Les revenus consolidés progressent de 4,6%, à 368,4 millions de dinars, mais la marge brute recule de 11,8%, à 63,7 millions, le résultat opérationnel de 25,9% et le résultat net de 19,3%, à 30,0 millions.
Trois lectures complètent ces comptes. Le recul vient de la marge : le coût des ventes augmente près de deux fois plus vite que les revenus, et le taux de marge brute perd 3,2 points, à 17,3%. Les fonds propres gagnent pourtant 111,6 millions de dinars sans passer par le compte de résultat : la revalorisation des titres de participation porte le résultat global à 141,6 millions, près de cinq fois le résultat net. Et la trésorerie d’exploitation reste négative, à 5,7 millions, pendant que les dettes financières à court terme passent de 20,1 à 65,6 millions et qu’un actionnaire avance 14 millions en compte courant. Sans recommandation ni objectif de cours.
Les revenus progressent de 16,3 millions de dinars, le coût des ventes de 24,8 millions : la marge brute perd 8,5 millions et son taux passe de 20,5% à 17,3%. Sur un marché où les importations de véhicules sont encadrées par des quotas, les volumes laissent peu de marge de manœuvre ; c’est la marge unitaire qui fait la différence, et elle se dégrade. Les comptes ne donnent ni les volumes par marque, ni l’effet des prix d’achat et du change.
| Poste | S1 2025 | S1 2026 | Variation |
|---|---|---|---|
| Revenus | 352,1 | 368,4 | +4,6% |
| Coût des ventes | −279,9 | −304,7 | +8,9% |
| Marge brute | 72,3 | 63,7 | −11,8% |
| Taux de marge brute | 20,5% | 17,3% | −3,2 points |
| Frais de commercialisation et de distribution | −14,9 | −15,6 | +5,1% |
| Charges administratives | −17,7 | −18,9 | +6,8% |
| Autres produits et charges | 2,1 | 1,8 | |
| Résultat opérationnel | 41,8 | 30,9 | −25,9% |
| Marge opérationnelle | 11,9% | 8,4% | −3,5 points |
| Résultat financier net | 9,3 | 10,3 | +10,9% |
| Impôt sur le résultat | −13,9 | −11,2 | |
| Résultat net | 37,1 | 30,0 | −19,3% |
| Autres éléments du résultat global | 18,4 | 111,6 | ×6,1 |
| Résultat global | 55,5 | 141,6 | ×2,5 |
États financiers consolidés IFRS publiés par l’émetteur, comparatifs 2025 retraités en proforma par l’émetteur ; taux, marges et variations : calculs MarocBoursier Research.
Les frais de commercialisation et les charges administratives augmentent de 2,0 millions, si bien que le résultat opérationnel recule de 25,9%, à 30,9 millions, et sa marge de 11,9% à 8,4%. La société mère porte l’essentiel de la baisse : son résultat opérationnel social recule de 39,6%, à 20,3 millions, et son taux de marge brute passe de 19,8% à 15,7%. Les filiales l’amortissent : l’écart entre comptes consolidés et sociaux, qui donne un ordre de grandeur de leur contribution, passe de 8,1 à 10,6 millions de résultat opérationnel.
Le 6 août, les indicateurs du deuxième trimestre, établis sur les comptes de la société mère, montraient déjà ce recul, avec une nuance : un deuxième trimestre moins dégradé que le premier, à 16,56% de taux de marge brute contre 14,96%. Les états semestriels ne publient pas de données trimestrielles qui permettraient de le confirmer.
Le résultat financier progresse de 10,9%, à 10,3 millions, porté par 11,3 millions de produits financiers, et pèse désormais le quart du résultat avant impôt, contre 18% un an plus tôt. L’impôt reste stable en proportion, à 27,3% du résultat avant impôt. Le résultat net recule de 19,3%, à 30,0 millions de dinars, presque entièrement en part du groupe.
Le chiffre le plus important du semestre ne figure pas dans le résultat net. Les titres de participation évalués à leur juste valeur par les autres éléments du résultat global passent de 154,8 à 266,4 millions de dinars, soit 72% de plus en six mois ; parmi eux figure une participation bancaire que mentionne le tableau des flux. Cette revalorisation, 111,6 millions, va directement en capitaux propres. Le résultat global atteint ainsi 141,6 millions, contre 55,5 millions un an plus tôt.
Ces titres représentent désormais 32% du total du bilan consolidé et 55% des capitaux propres part du groupe, contre 41% fin 2025. Sous ce classement comptable, ils ne passent par le résultat net que par leurs dividendes : même en cas de cession, le gain resterait en capitaux propres.
Le résultat social, 37,1 millions, dépasse le résultat consolidé. L’écart tient aux produits financiers : 26,5 millions dans les comptes de la société mère, 11,3 millions dans ceux du groupe, la différence correspondant à des flux internes au groupe, éliminés en consolidation.
Avant variation du besoin en fonds de roulement, l’exploitation dégage 23,3 millions, contre 45,1 millions un an plus tôt. Le besoin en fonds de roulement en absorbe 29,0 : les créances clients augmentent de 52 millions, à 190,9 millions, soit plus de la moitié des revenus du semestre, quand les dettes fournisseurs n’augmentent que de 9,7 millions. Le flux de trésorerie d’exploitation est négatif de 5,7 millions, après un flux négatif de 2,8 millions au premier semestre 2025 ; avec 7,1 millions d’investissements nets, le semestre consomme 12,8 millions.
Le financement suit. Les dettes financières à court terme passent de 20,1 à 65,6 millions, avec 31,8 millions de crédits de gestion et 13,1 millions d’emprunts et billets à ordre nets. Un actionnaire avance 14 millions en compte courant. À l’inverse, le tableau des flux classe en financement un décaissement de 21,5 millions intitulé « opérations de financement bancaire », d’un montant proche de la hausse des actifs financiers à court terme, passés de 0,7 à 22,6 millions. Les liquidités atteignent 54,4 millions.
Hors ces actifs financiers à court terme, la position financière passe d’une trésorerie nette de 12,1 millions fin 2025 à une dette nette de 11,1 millions. En les comptant, elle reste positive, à 11,5 millions contre 12,8. Dans les deux cas, elle ne tient pas compte du solde du dividende.
La variation des capitaux propres fait apparaître une distribution de 30,0 millions de dinars, soit un dinar par action, contre 26,4 millions versés un an plus tôt : 14% de plus. Au 30 juin, 3,0 millions seulement avaient été décaissés. Le solde, 27,0 millions, reste à payer ; les autres passifs courants passent de 9,0 à 58,2 millions.
Le même semestre, la société augmente ses dettes financières à court terme de 45 millions et reçoit une avance de 14 millions d’un actionnaire. Le dividende représente 59% du résultat social 2025, 50,8 millions, et 52% du résultat consolidé 2025, 58,0 millions.
La composition du portefeuille de titres à la juste valeur, 266,4 millions : lignes détenues, nombre de titres et cours retenus.
Les volumes vendus par marque et la décomposition de la baisse de marge entre prix de vente, prix d’achat et change.
La nature des 21,5 millions décaissés au titre des « opérations de financement bancaire » et des 22,6 millions d’actifs financiers à court terme.
Les conditions de l’avance de 14 millions consentie par l’actionnaire, et son classement au bilan.
Le calendrier de paiement du solde du dividende, 27,0 millions.
Le détail des retraitements proforma appliqués aux comptes consolidés du premier semestre 2025.
Trois taux de marge brute : 15,99% contre 18,65% dans les indicateurs du deuxième trimestre, une marge en recul de 12,4% ; 15,72% contre 19,82% dans les comptes sociaux IFRS, en recul de 18,7% ; 17,30% contre 20,52% dans les comptes consolidés, en recul de 11,8%.
Les charges financières : multipliées par 2,6 dans les indicateurs, sous l’effet de l’escompte ; stables dans les comptes IFRS, à 0,9 million en social et 1,0 million en consolidé.
La mise en page des bilans : le bilan consolidé affiche un capital de 330 000 000 dinars au 31 décembre 2025, le bilan social 30 000 000, et les totaux confirment 30 millions. Dans les deux bilans, les libellés de l’actif sont décalés d’une ligne à partir des titres évalués à la juste valeur : seules les variations du tableau des flux permettent de rattacher chaque montant à son poste.
Premièrement, le taux de marge brute du second semestre : le deuxième trimestre avait montré un redressement, de 14,96% à 16,56% sur les comptes de la société mère, encore loin des 19,8% du premier semestre 2025. Deuxièmement, le recouvrement des créances clients, 190,9 millions, dont dépend le retour à un flux d’exploitation positif. Troisièmement, la valeur du portefeuille de titres, qui porte désormais plus de la moitié des capitaux propres, et le paiement du solde du dividende.
Un mot pour finir. Le semestre d’Ennakl Automobiles se lit sur deux registres. Le compte de résultat recule : marge brute en baisse de 11,8%, résultat net de 19,3%. Le bilan, lui, gagne 111,6 millions de dinars par la seule revalorisation de titres. Entre les deux, la trésorerie d’exploitation reste négative, la dette à court terme triple et un actionnaire apporte 14 millions, l’année où le dividende augmente de 14%. Le second semestre dira si la marge se redresse ; en attendant, plus de la moitié des capitaux propres dépend de la valeur d’un portefeuille de titres.
Avertissement. Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue ni un conseil en investissement, ni une recommandation d’acheter, de conserver ou de vendre. Il repose sur les états financiers officiels de l’émetteur et sur des calculs explicitement signalés comme tels. Les montants sont exprimés en dinars tunisiens. La distribution de dividende est déduite de la variation des capitaux propres. La contribution des filiales est approchée par l’écart entre comptes consolidés et sociaux, qui intègre aussi les éliminations internes. La position financière nette est calculée à partir du bilan consolidé, emprunts et dettes financières moins liquidités, hors obligations locatives. Aucun objectif de cours n’est formulé. Tout investissement en instruments financiers comporte des risques, dont un risque de perte en capital.