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Bourse de Casablanca · Bilan de mi-année · Premier semestre 2026

Bilan de mi-année à la Bourse de Casablanca · le MASI referme un premier semestre 2026 en repli d’environ 3,3%, sauvé par les valeurs minières : après trois années de hausse, la cote entre en phase de correction — et le baromètre ciment confirme le tassement du BTP

1er juillet 2026 MASI S1 : ~−3,3% Mines : meilleur secteur Managem : >+100% Ciment : −5,3% (fin mai)

Le premier semestre 2026 s’est achevé le 30 juin. À la Bourse de Casablanca, il restera comme celui d’une pause : après trois années pleines de hausse, l’indice MASI a reculé d’environ 3,3% sur les six premiers mois, terminant à 18 217,27 points le 30 juin. Une correction largement anticipée par la place — et que les valeurs minières ont, en grande partie, amortie.

Tour d’horizon de ce semestre boursier, puis lecture d’un indicateur clé de l’économie réelle et des valeurs BTP cotées : le ciment.

I · Le semestre boursier en chiffres

MASI · 30 juin
18 217
+0,91% ce jour
Performance S1
~−3,3%
6 mois
Managem · S1
>+100%
meilleure de la cote
Ciment · cumul (fin mai)
−5,3%
vs 2025

Après six semestres consécutifs dans le vert, la Bourse de Casablanca a marqué le pas. Le recul du MASI (~3,3% entre janvier et juin) met un terme à un cycle exceptionnel qui avait porté les valorisations à des niveaux historiquement élevés. La plupart des professionnels de la place l’anticipaient : après trois années d’euphorie, les prises de bénéfices devenaient probables et plusieurs opérations sur le marché des capitaux avaient temporairement absorbé une partie de la liquidité disponible pour les actions. La correction s’est enclenchée avant même le regain de tensions géopolitiques au Moyen-Orient de juin.

Le semestre s’est toutefois clôturé sur une note plus ferme : lors de la dernière séance, le 30 juin, le MASI a rebondi de +0,91%, porté cette fois par l’agroalimentaire — Cosumar signant la meilleure progression du jour (+8,76% à 206,10 MAD), devant S2M (+8,19% à 514 MAD).

II · Les minières, sauveteuses du semestre

Le fait marquant de ce premier semestre tient en un mot : les mines. Profitant du maintien de cours élevés pour plusieurs métaux sur les marchés internationaux, le compartiment a concentré une part importante des flux et signé les meilleures performances de la cote, de loin. Une dynamique alimentée à la fois par un environnement mondial porteur et par les perspectives de croissance annoncées par les opérateurs, à travers leurs programmes d’investissement et de nouveaux projets.

Managem, locomotive et première capitalisation

Managem incarne ce semestre minier. Le titre a progressé de plus de 100% depuis le début de l’année, devenant la première capitalisation de la Bourse de Casablanca. Le groupe a par ailleurs livré un exercice 2025 remarquable (résultat net part du groupe de l’ordre de 3,0 milliards de dirhams), confirmé un dividende de 55 DH par action payé dès le 1er juillet, et acté un split par 10 de la valeur nominale destiné à améliorer l’accessibilité d’un titre au cours élevé.

Dans le sillage du chef de file, sa filiale la Société Métallurgique d’Imiter a également distribué généreusement (150 DH par action, payés le 1er juillet). Le compartiment minier aura ainsi cumulé les deux moteurs qui font monter un titre : de solides fondamentaux (résultats, dividendes) et un momentum de marché porteur.

Au-delà des mines, quelques secteurs ont surnagé dans un marché globalement orienté à la baisse — notamment les assurances, les logiciels et services informatiques et l’agroalimentaire — mais l’essentiel de la cote a participé à la correction.

III · Une correction ordonnée, mais concentrée

La baisse du semestre n’a rien d’un décrochage désordonné : elle relève davantage d’une normalisation après des années d’euphorie. Un point de vigilance demeure toutefois — la profondeur de marché. Les volumes d’échanges sont restés en deçà de ceux de l’an dernier : le volume quotidien moyen s’établissait autour de 255 millions de dirhams mi-juin, contre environ 378 millions un an plus tôt.

L’activité demeure par ailleurs fortement concentrée sur un nombre limité de valeurs — principalement les grandes capitalisations des secteurs bancaire, minier, BTP et télécoms. Cette concentration, structurelle à Casablanca, signifie que la trajectoire de l’indice reste tributaire du comportement de quelques poids lourds.

Un semestre de respiration : la hausse s’interrompt, les valorisations se détendent, mais la trajectoire de fond reste commandée par une poignée de géants.
Lecture MarocBoursier Research

IV · Côté économie réelle : le baromètre ciment

Pour compléter le bilan boursier, un indicateur avancé de l’activité du bâtiment et des travaux publics mérite l’attention : les livraisons de ciment, principal baromètre du BTP et lecture utile pour les valeurs cotées du secteur.

D’après les statistiques de l’Association professionnelle des cimentiers (données les plus récentes disponibles, arrêtées à fin mai 2026), le cumul des livraisons ressort à 5,73 millions de tonnes, contre 6,05 millions un an plus tôt — soit un repli de 5,3% sur les cinq premiers mois. Le seul mois de mai a été particulièrement faible, en recul de 20,63% sur un an.

SegmentCumul fin mai 2026Variation a/a
Distribution2,99 Mt−9,59%
Béton prêt à l’emploi (BPE)1,58 Mt+4,57%
Préfabrication548 755 t−12,74%
Infrastructure405 338 t+1,91%
Bâtiment179 058 t−0,08%
Mortiers25 568 t+2,54%

La lecture par segment est instructive : le repli est tiré par la distribution (l’auto-construction, −9,59%) et la préfabrication (−12,74%), tandis que les segments adossés aux grands chantiers — béton prêt à l’emploi (+4,57%) et infrastructure (+1,91%) — résistent, voire progressent. Un contraste cohérent avec l’ampleur des programmes publics engagés (infrastructures, échéance de la Coupe du monde 2030), qui soutiennent la demande structurelle après une année 2025 record (14,82 millions de tonnes, +8,2%).

Lecture pour les valeurs BTP cotées

Ce tassement des volumes ciment éclaire le premier trimestre en demi-teinte de certaines valeurs de matériaux — à l’image de Ciments du Maroc, dont le chiffre d’affaires reculait de 8% au T1. À l’inverse, les acteurs les plus exposés aux grands travaux (BPE, infrastructure) — comme TGCC ou SGTM, qui affichaient des carnets de commandes étoffés au T1 — conservent une meilleure visibilité. Le couple « auto-construction en repli / grands chantiers résilients » résume bien la dynamique du BTP marocain à mi-parcours.

À retenir

  • Le MASI referme le premier semestre 2026 en repli d’environ 3,3%, à 18 217,27 points (30 juin), mettant fin à trois années de hausse.
  • Une correction anticipée par la place, enclenchée avant les tensions géopolitiques de juin ; le semestre se clôt toutefois sur un rebond (+0,91% le 30 juin, porté par l’agroalimentaire, Cosumar +8,76%).
  • Les valeurs minières ont sauvé le semestre : Managem (>+100% depuis janvier, première capitalisation, dividende 55 DH, split par 10) et la Société Métallurgique d’Imiter (dividende 150 DH).
  • Correction ordonnée mais concentrée : profondeur de marché en baisse (volume quotidien ~255 M MAD vs ~378 M un an plus tôt) et échanges dominés par quelques grandes capitalisations.
  • Baromètre ciment (fin mai) : livraisons cumulées à 5,73 Mt (−5,3%) ; repli tiré par la distribution et la préfabrication, résilience du béton prêt à l’emploi et de l’infrastructure.

Sources

  • Données de marché de la Bourse de Casablanca · niveau et performances du MASI à la clôture du 30 juin 2026.
  • Communiqués officiels des émetteurs · Managem et Société Métallurgique d’Imiter (assemblées du 25 juin 2026).
  • Association professionnelle des cimentiers (APC) · évolution des livraisons de ciment à fin mai 2026, via le ministère de l’Aménagement du territoire, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville.

Avertissement. Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue ni un conseil en investissement, ni une recommandation d’achat ou de vente. Les niveaux d’indice, cours et statistiques cités correspondent aux dernières données publiques disponibles aux dates indiquées (bourse : 30 juin 2026 ; ciment : fin mai 2026) et sont susceptibles de révisions. La performance semestrielle du MASI est une donnée de marché ; les montants de dividendes, exprimés en brut, proviennent des communiqués des émetteurs. Les performances passées ne préjugent pas des évolutions futures. Tout investisseur est invité à conduire ses propres analyses ou à consulter un professionnel agréé avant toute décision.