MASI ... ...
MASI 20 ... ...
Accueil Conjoncture · Prix à la production industrielle
Haut-Commissariat au Plan · IPPIEM · Mai 2026

Indice des prix à la production · les prix sortie d’usine de l’industrie manufacturière reculent de 0,3% en mai 2026, tirés par l’alimentaire (−1,1%) : ce que cette désinflation des prix producteurs signale pour les marges industrielles cotées

30 juin 2026 Manufacturier : −0,3% Alimentaire : −1,1% Métallurgie : +0,3% Source : HCP

Le Haut-Commissariat au Plan a publié son indice des prix à la production industrielle, énergétique et minière (IPPIEM) du mois de mai 2026. Son enseignement principal : les prix à la production des industries manufacturières (hors raffinage de pétrole) ont reculé de 0,3% par rapport à avril, un mouvement entièrement tiré par la baisse des prix alimentaires.

Derrière ce chiffre d’apparence technique se cache un signal utile pour l’investisseur : il renseigne sur les pressions de prix en amont de l’économie — celles qui pèsent sur le chiffre d’affaires et les marges des industriels, notamment ceux de la cote casablancaise. Décryptage, et mise en perspective avec le cycle de désinflation en cours.

I · Ce que dit le HCP

Manufacturier (hors raffinage)
−0,3%
mai vs avril
Industries alimentaires
−1,1%
principal moteur
Métallurgie
+0,3%
en hausse
Extractif · électricité · eau
0,0%
stagnation

Selon la note d’information du HCP, l’indice des prix à la production du secteur des industries manufacturières hors raffinage de pétrole a enregistré en mai une baisse de 0,3% par rapport au mois d’avril 2026. Ce repli s’explique principalement par la diminution des prix dans les industries alimentaires (−1,1%).

Cette baisse a été en partie compensée par quelques hausses sectorielles : la métallurgie (+0,3%), la fabrication d’autres produits minéraux non métalliques (+0,2%) et l’industrie de l’habillement (+0,1%). Par ailleurs, les prix à la production sont restés stables dans les industries extractives, la production et distribution d’électricité, ainsi que la production et distribution d’eau.

Le poids déterminant de l’alimentaire

L’essentiel du mouvement vient d’un seul compartiment : l’alimentaire. Avec un recul de 1,1% sur le mois, il fait plus que neutraliser les hausses observées ailleurs, d’où une résultante manufacturière négative. C’est un point d’ancrage important pour la suite de l’analyse : les prix sortie d’usine de l’agro-industrie baissent.

II · Prix à la production, prix à la consommation : ne pas confondre

Pour bien lire cette donnée, il faut la distinguer de l’indice le plus communément cité, l’indice des prix à la consommation (IPC).

L’IPPI : les prix « en amont »

L’indice des prix à la production mesure l’évolution des prix de vente sortie d’usine des produits industriels — ceux que le producteur facture, en gros, à ses clients. Il reflète donc les pressions de prix en amont de la chaîne économique.

L’IPC : les prix « en aval »

L’indice des prix à la consommation mesure, lui, les prix payés par le consommateur final dans les magasins. C’est l’indicateur de référence de l’inflation au sens courant, celui que suit la banque centrale.

La relation entre les deux est importante : l’IPPI agit souvent comme un indicateur avancé. Une variation des prix à la production tend à se répercuter, avec un certain délai et de manière atténuée, sur les prix à la consommation. Autrement dit, un repli des prix producteurs alimentaires en mai constitue, toutes choses égales par ailleurs, un facteur potentiellement désinflationniste pour les prix à la consommation des mois suivants.

III · Le signal de fond · une désinflation qui se confirme en amont

Cette baisse des prix à la production s’inscrit dans une séquence désinflationniste plus large, déjà visible à la consommation. Rappelons que l’IPC n’a progressé que de 1,2% sur un an en mai (contre 1,7% en avril), avec une composante sous-jacente atone. Le fait que la désinflation se manifeste également en amont, au niveau des prix producteurs, en renforce la crédibilité.

Cette dynamique est par ailleurs cohérente avec le reflux des coûts d’intrants observé ces dernières semaines — au premier rang desquels l’énergie, le baril de Brent étant retombé autour de 73 dollars après le pic lié aux tensions géopolitiques. Des intrants moins chers se traduisent mécaniquement, avec un décalage, par une moindre pression sur les prix de vente sortie d’usine.

Quand la désinflation se lit à la fois à la consommation et à la production, le scénario d’une inflation durablement contenue gagne en solidité.
Lecture MarocBoursier Research

Une nuance toutefois : il s’agit d’une variation mensuelle, sur un seul mois, et concentrée sur l’alimentaire. Elle ne préjuge pas à elle seule d’une tendance lourde ; ce sont les publications des prochains mois qui confirmeront, ou non, l’installation d’un régime de prix producteurs durablement orienté à la baisse.

IV · Lecture pour la Bourse de Casablanca

Pour l’investisseur, des prix à la production en baisse ont une double lecture — et c’est tout l’enjeu.

Un effet sur le chiffre d’affaires en valeur. Quand un industriel vend ses produits moins cher sortie d’usine, son chiffre d’affaires en valeur peut reculer à volumes constants. Ce mécanisme éclaire directement l’un des constats de notre analyse sectorielle de la veille : le repli des revenus des grands transformateurs agroalimentaires cotés — Cosumar (chiffre d’affaires en baisse de 17,3% au premier trimestre) et Lesieur Cristal (−13%) — tient en partie à des ajustements de prix. La baisse de 1,1% des prix à la production alimentaire en mai vient confirmer, à l’échelle macro, cet effet prix.

Un effet potentiellement favorable sur les marges. À l’inverse, si les prix de vente baissent moins vite que les coûts d’intrants (matières premières, énergie), la marge de l’industriel peut, elle, s’améliorer. C’est tout l’intérêt de regarder les deux jambes — prix de vente et coûts — plutôt que le seul chiffre d’affaires. Dans un environnement de reflux du pétrole et des intrants, ce ciseau peut jouer favorablement pour certaines valeurs industrielles.

Les secteurs à prix producteurs en hausse

La légère progression des prix dans la métallurgie (+0,3%) et les produits minéraux non métalliques (+0,2%) envoie un signal inverse, plutôt favorable au pouvoir de fixation des prix de ces compartiments — à suivre du côté des matériaux de construction et de la métallurgie cotés, même si une variation mensuelle reste modeste.

Ce qu’il faut retenir pour investir

L’IPPI est un indicateur de contexte, pas un signal d’achat ou de vente. Il aide à comprendre pourquoi les revenus de certains industriels évoluent comme ils le font, et à anticiper les pressions sur les marges. Combiné à l’IPC et au prix des intrants, il complète la grille de lecture macro de l’investisseur en valeurs industrielles.

À retenir

  • Les prix à la production des industries manufacturières (hors raffinage) ont reculé de 0,3% en mai 2026 sur un mois, selon le HCP.
  • Le mouvement est tiré par les industries alimentaires (−1,1%), partiellement compensées par la métallurgie (+0,3%), les produits minéraux non métalliques (+0,2%) et l’habillement (+0,1%).
  • Extractif, électricité et eau : stables sur le mois.
  • L’IPPI (prix « en amont ») se distingue de l’IPC (prix « en aval ») ; sa baisse est un facteur potentiellement désinflationniste pour la consommation à venir.
  • La désinflation se confirme ainsi en amont, en cohérence avec l’IPC (+1,2% sur un an en mai) et le reflux du pétrole.
  • Lecture BVC : la baisse des prix producteurs alimentaires éclaire le recul du CA des transformateurs cotés (Cosumar, Lesieur Cristal) ; l’effet net sur les marges dépend de l’écart entre prix de vente et coûts d’intrants.

Sources

  • Haut-Commissariat au Plan · note d’information relative à l’indice des prix à la production industrielle, énergétique et minière (IPPIEM), mai 2026.
  • Haut-Commissariat au Plan · indice des prix à la consommation, mai 2026 (données de mise en perspective).
  • Données de marché sur le pétrole (Brent) · mise en perspective des coûts d’intrants.

Avertissement. Cet article est fourni à titre informatif et pédagogique et ne constitue ni un conseil en investissement, ni une recommandation d’achat ou de vente. Les données citées sont issues de publications officielles et portent sur des variations mensuelles qui ne préjugent pas des tendances de moyen terme. Les liens établis avec les résultats des sociétés cotées relèvent d’une lecture analytique et non d’une relation mécanique. Les performances passées ne préjugent pas des évolutions futures. Tout investisseur est invité à conduire ses propres analyses ou à consulter un professionnel agréé avant toute décision.