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Aluminium du Maroc · Résultats 2025 : RNPG +69%, marges au plus haut, refinancement majeur de la dette long terme | MarocBoursier
Analyses Fondamentales / Industrie · Aluminium du Maroc (ALM)
CA +5,0% REX +26,2% RNPG +69,4% ROE 23,8% DPA 100 DH DETTE NETTE −4,5%

Aluminium du Maroc · Résultats 2025 : marges opérationnelles au plus haut, RNPG +69% et refinancement majeur de la dette long terme

Analyse complète de l'exercice 2025 d'ALM : chiffre d'affaires consolidé à 1 304,91 MMAD (+5%), résultat d'exploitation propulsé à 138,5 MMAD (+26%) et RNPG à 62,41 MMAD (+69%). Le titre tanger transforme une croissance modérée en explosion de la rentabilité. La dette long terme recule de 38% (−70 MMAD) mais cette baisse est en grande partie compensée par un recours accru au financement court terme : la dette financière brute reste stable, la dette nette ne recule que de 4,5%. Lecture critique des marges, ratios de levier (Dette nette/EBITDA à 3,2×), structure financière et perspectives boursières.

Mercredi 29 avril 2026 · Publication MarocBoursier Research
Données arrêtées au 31/12/2025
⏱ 14 min de lecture
⚠ Article d'analyse fondamentale publié à titre purement éducatif. Ne constitue pas un conseil en investissement. Données vérifiées sur sources primaires : communiqué de presse Aluminium du Maroc (31/12/2025), rapport général des commissaires aux comptes BDO S.A. & A&T Auditeurs Consultants (Rabat-Tanger, 24 avril 2026), comptes sociaux et consolidés AMMC.
1 304,9
CA consolidé · MMAD
+4,9% vs 2024
138,5
REX consolidé · MMAD
+26,2% vs 2024
62,41
RNPG consolidé · MMAD
+69,4% vs 2024
100,0 DH
Dividende par action 2025
vs 90 DH en 2024

Aluminium du Maroc (ticker ALM, ISIN MA0000010936), premier extrudeur de profilés aluminium au Maroc et tête du groupe industriel basé à Tanger, a publié ses résultats financiers au 31 décembre 2025. Le rapport, certifié sans réserve par les commissaires aux comptes BDO S.A. et A&T Auditeurs Consultants à la date du 24 avril 2026, dévoile une combinaison rare en milieu industriel marocain : une croissance topline contenue (+5%) doublée d'une explosion de la rentabilité opérationnelle (+26%) et nette (+69%).

Cette dynamique consacre l'aboutissement d'un cycle stratégique entamé en 2023, marqué par la fusion-absorption d'Industube approuvée par l'Assemblée Générale Extraordinaire du 14 novembre 2024 (avec effet rétroactif au 1er janvier 2024). Elle s'accompagne d'une restructuration profonde de la maturité de la dette : le passif long terme est ramené de 184 à 114 MMAD (−38%), mais cette baisse est en grande partie compensée par une montée du financement court terme. La dette financière brute totale reste donc stable autour de 572 MMAD ; la dette nette, elle, ne recule que de 4,5% à 523 MMAD. Cette nuance est essentielle pour bien lire l'exercice.

I. Les faits marquants de l'exercice 2025

L'exercice 2025 d'ALM se caractérise par plusieurs dynamiques convergentes qui méritent d'être détaillées avant d'entrer dans la lecture des chiffres :

▲ Forces porteuses

Effet volume retrouvé : après une année 2024 atone post-intégration d'Industube, le Groupe retrouve un rythme de croissance organique soutenu, avec un CA consolidé qui passe de 1 243 à 1 305 MMAD.

Levier opérationnel : la marge brute s'améliore et les charges de personnel reculent (-4,6%), libérant un effet ciseau positif sur l'EBE.

Refinancement de la maturité : le passif long terme passe de 184 à 114 MMAD (-37,8%), allongement-inverse compensé par +69 MMAD de financement court terme. Effet net : amélioration du Dette nette/EBITDA de 4,1× à 3,2×.

Politique de dividende : le dividende par action passe de 90 à 100 DH, signal de confiance du management.

▼ Points d'attention

Trésorerie nette en dégradation : -408 MMAD vs -364 MMAD à fin 2024, reflet du BFR toujours lourd dans le métier d'extrusion et de la substitution LT→CT du financement.

Risque de refinancement accru : la part du financement court terme dans la dette totale passe de 68% à 80%, exposant davantage le Groupe au renouvellement annuel des lignes bancaires et à la volatilité des taux courts.

Mise en équivalence La Roseraie de l'Atlas : la quote-part dans les résultats des entreprises mises en équivalence reste négative (-5,19 MMAD), conséquence de la performance toujours déficitaire de la filiale hôtelière.

II. Compte de résultat consolidé : la mécanique des marges

L'analyse du compte de produits et charges consolidé révèle l'ampleur du levier opérationnel actionné en 2025. Présentation comparative sur trois exercices :

CPC consolidé (M MAD)FY-2023FY-2024FY-2025Δ 25/24
Chiffre d'affaires1 270,021 243,451 304,91+4,9%
Variation stocks de produits-9,58-23,99+18,29n.s.
Achats consommés930,08856,14940,71+9,9%
Charges externes72,5768,6467,87-1,1%
Charges de personnel131,46143,90137,33-4,6%
Dotations d'exploitation39,7937,4034,49-7,8%
RÉSULTAT D'EXPLOITATION84,21109,73138,50+26,2%
Résultat financier (net)-37,34-33,45-27,80+16,9%
RÉSULTAT COURANT (intégrées)46,8776,28110,71+45,1%
Résultat non courant (net)-1,36-7,42-8,51-14,7%
Impôts sur les résultats20,0521,7430,66+41,0%
Quote-part MEQ-16,17-5,71-5,19+9,1%
RÉSULTAT NET ENSEMBLE CONSOLIDÉ9,2341,3466,29+60,3%
Intérêts minoritaires2,564,503,88-13,8%
RÉSULTAT NET PART DU GROUPE6,6736,8462,41+69,4%

La lecture verticale des soldes intermédiaires de gestion fait apparaître trois zones de création de valeur en 2025 :

(1) Le levier opérationnel. À chaque dirham additionnel de chiffre d'affaires (+61,5 MMAD entre 2024 et 2025), le Groupe a généré près de 47 centimes de résultat d'exploitation supplémentaire. Ce ratio extrêmement favorable s'explique par la stabilité des charges fixes (charges externes en repli, charges de personnel réduites de 6,6 MMAD) face à la progression des ventes. La marge opérationnelle (REX/CA) ressort à 10,6% en 2025, contre 8,8% en 2024 et seulement 6,6% en 2023 — une trajectoire d'amélioration ininterrompue qui suggère que le management exerce un véritable contrôle sur la structure de coûts post-fusion.

(2) La détente du résultat financier. La charge financière nette recule de 33,45 à 27,80 MMAD (-16,9%), gain mécanique du refinancement engagé. Cette amélioration est intéressante : elle démontre que la substitution de la dette long terme par de la dette court terme s'est faite à un coût d'intérêt global plus bas, ce qui suggère soit de meilleures conditions négociées, soit un environnement de taux courts favorable.

(3) L'amélioration de la quote-part MEQ. La filiale La Roseraie de l'Atlas, mise en équivalence à 27% d'intérêt, demeure déficitaire — mais la perte rapportée passe de -16,17 MMAD en 2023 à -5,19 MMAD en 2025, soulageant d'environ 11 MMAD le RNPG sur deux ans.

III. Évolution des ratios de marge sur trois ans

La trajectoire des marges constitue le véritable signal de qualité de cet exercice 2025. La progression est linéaire et significative, sans rupture brutale qui pourrait suggérer un effet ponctuel non récurrent.

Marge opérationnelle (REX/CA) · 2023 6,63%
6,63%
Marge opérationnelle (REX/CA) · 2024 8,82%
8,82%
Marge opérationnelle (REX/CA) · 2025 10,61%
10,61%
Marge nette (RNPG/CA) · 2023 0,53%
0,53%
Marge nette (RNPG/CA) · 2024 2,96%
2,96%
Marge nette (RNPG/CA) · 2025 4,78%
4,78%

La marge opérationnelle a progressé de 4 points de pourcentage en deux exercices (de 6,63% à 10,61%), tandis que la marge nette a quasiment été multipliée par neuf sur la même période (de 0,53% à 4,78%). Cette dernière mesure surreflète le redressement, car le RNPG 2023 avait été pénalisé par la quote-part MEQ très négative et par un cycle d'investissements lourd.

À titre de comparaison sectorielle, une marge nette de 4,78% pour un industriel transformateur de métal au Maroc se situe désormais dans le haut du palmarès des extrudeurs de la région MENA, et compare favorablement avec les marges historiques du secteur, généralement comprises entre 2% et 4% en phase normale.

IV. Comptes sociaux : confirmation au niveau de la maison-mère

L'analyse des comptes sociaux d'ALM (avant consolidation) confirme la dynamique observée au niveau du Groupe et permet d'isoler la performance intrinsèque de l'extrudeur tanger.

Comptes sociaux ALM (MAD)FY-2024FY-2025Variation
Chiffre d'affaires1 205 295 5341 267 749 566+5,2%
Valeur ajoutée270 964 033288 773 306+6,6%
Excédent Brut d'Exploitation (EBE)135 311 167159 424 975+17,8%
Résultat d'exploitation94 853 145118 535 373+25,0%
Résultat financier-18 219 933-24 574 744-34,9%
Résultat courant76 633 21293 960 629+22,6%
RÉSULTAT NET SOCIAL54 553 43961 978 359+13,6%
Capacité d'autofinancement75 538 85794 642 042+25,3%

Trois enseignements ressortent de cette lecture :

L'EBE social a progressé de près de 18% à 159,4 MMAD, traduisant la qualité de l'exploitation pure de l'extrudeur. La marge d'EBE/CA atteint 12,6% en 2025, un niveau qui place ALM parmi les industriels les plus profitables de sa catégorie sur la cote casablancaise.

La CAF sociale a explosé de +25,3% à 94,64 MMAD. Couplée à une distribution de dividendes de 46,6 MMAD (mise en paiement en 2025 au titre de l'exercice 2024), cela laisse un autofinancement net de 48 MMAD — niveau suffisant pour soutenir le cycle d'investissement et la rotation de la dette.

Le résultat financier social s'est dégradé (de -18,2 à -24,6 MMAD), apparente contradiction avec le résultat consolidé. L'explication réside dans les pertes de change ponctuelles et dans le fait que la maison-mère ALM porte la dette qui finance le périmètre Groupe ; les charges d'intérêts sociales reculent toutefois de 31,4 à 27,9 MMAD (−11%), ce qui confirme que la stratégie de refinancement bénéficie aussi à la maison-mère sur le poste d'intérêts pur.

V. Rentabilité financière : un ROE qui frôle 24%

23,8%
ROE 2025
vs 14,9% en S1-25 · 10,3% en 2024
5,78%
ROA 2025
vs 1,99% en 2024
3,65×
Liquidité générale
Actif circ. / Passif circ.
3,2×
Dette nette / EBITDA
vs 4,1× en 2024

La rentabilité des capitaux propres atteint 23,8% en 2025, un niveau remarquable qui s'inscrit dans une trajectoire d'accélération continue : 2,7% en 2023, 10,3% en 2024, et désormais 23,8%. Cette progression reflète à la fois l'amélioration du résultat (numérateur) et la modération de la croissance des capitaux propres (262,1 MMAD à fin 2025 contre 247,8 MMAD à fin 2024, soit +5,8%) — la majorité du bénéfice étant restitué aux actionnaires sous forme de dividendes.

Le ROA atteint 5,78%, en triplement par rapport à 2024. Pour un industriel transformateur, ce niveau démontre une bonne efficience de l'actif total (1 080 MMAD à fin 2025), même si la base d'actif reste élevée du fait du BFR (clients : 370 MMAD, stocks : 376 MMAD).

VI. Anatomie de la dette : refinancement plutôt que désendettement

Lecture critique : le mouvement spectaculaire de la dette long terme (-38%) ne doit pas être confondu avec un désendettement global. La dette financière brute totale d'ALM est restée quasiment stable entre 2024 et 2025 (~573 MMAD). Le management a remplacé du long terme par du court terme. Le vrai gain est ailleurs : grâce à la croissance de l'EBITDA, le ratio Dette nette/EBITDA s'améliore de 4,1× à 3,2× — c'est cette mesure qui compte pour évaluer la solvabilité.

Le bilan consolidé fait apparaître un mouvement de bascule remarquable entre les deux composantes de la dette financière. Présentation détaillée :

Structure de la dette consolidée (M MAD)FY-2024FY-2025Variation
Passif à long terme (dette LT)183,98114,40-37,8%
Trésorerie passif (dette CT)388,89458,14+17,8%
DETTE FINANCIÈRE BRUTE572,87572,54−0,06%
(−) Disponibilités25,2149,58+96,7%
DETTE FINANCIÈRE NETTE547,66522,96−4,5%
Part du CT dans la dette brute67,9%80,0%+12,1 pts

La lecture est sans ambiguïté : la baisse de 69,6 MMAD du passif long terme est quasi-intégralement compensée par une hausse de 69,3 MMAD de la trésorerie passif. Le tableau de financement social confirme cette mécanique : 109,1 MMAD de remboursements d'emprunts long terme, partiellement refinancés par 40 MMAD de nouveaux emprunts, le solde étant pris en charge par le crédit court terme.

Calcul des ratios de levier

Pour évaluer rigoureusement le levier, il faut rapporter la dette à la capacité de génération de cash. L'EBITDA strict retenu ici est le résultat d'exploitation augmenté des seules dotations aux amortissements (issues du tableau de flux de trésorerie consolidé) :

Ratios de levier (consolidé)FY-2024FY-2025Variation
Résultat d'exploitation109,73138,50+26,2%
(+) Dotations amortissements23,9625,19+5,2%
EBITDA STRICT133,68163,69+22,5%
Dette brute / EBITDA4,29×3,50×−0,79×
Dette nette / EBITDA4,10×3,19×−0,91×
Couverture des intérêts (REX / résultat fin.)3,28×4,98×+52%

Les deux mesures convergent : le profil de risque de crédit s'est nettement amélioré en 2025, mais ce n'est pas grâce à un désendettement (la dette brute est stable). C'est grâce à la croissance de la capacité bénéficiaire. Un ratio Dette nette/EBITDA qui passe de 4,1× à 3,2× représente une amélioration de premier ordre pour un industriel — la zone de confort des banques pour ce type de profil se situe généralement entre 2,5× et 3,5×.

Le revers de la médaille : exposition court terme

Cette stratégie comporte cependant une contrepartie qu'il faut signaler. La part du financement court terme dans la dette totale est passée de 67,9% à 80,0% en un an. Concrètement :

▸ Bénéfices de la stratégie

Coût d'intérêt en baisse : -3,5 MMAD sur les charges d'intérêts sociales (de 31,4 à 27,9 MMAD), soit -11%. Le CT est moins cher que le LT dans le contexte de taux actuel.

Souplesse de gestion : les facilités courtes (escompte, crédit de trésorerie) s'adaptent au cycle du BFR, lourd dans l'extrusion.

Capacité de remboursement renforcée : la CAF de 94,6 MMAD permet en théorie de rembourser le solde résiduel de la dette LT (114 MMAD) en 14 mois.

▸ Risques associés

Risque de refinancement : 458 MMAD de financement court terme à renouveler annuellement. Toute tension sur la liquidité bancaire (resserrement des conditions par BAM, fragilisation d'une banque partenaire) peut peser.

Exposition aux taux courts : la marge bancaire sur le crédit de trésorerie est indexée sur le TMP (Taux Moyen Pondéré de BAM). Une remontée significative renchérirait mécaniquement le coût.

Réversibilité : si le cycle BTP venait à se retourner, le BFR pourrait gonfler et exiger encore plus de financement court terme.

En synthèse, le management a opéré un arbitrage rationnel mais qui n'est pas sans risque : il a échangé une dette plus chère et plus rigide contre une dette moins chère et plus flexible, profitant d'une fenêtre de taux courts favorable. Tant que l'EBITDA progresse et que le contexte bancaire reste accommodant, l'opération est gagnante. Si l'environnement se durcit, ALM devra revenir vers du financement long terme à un coût potentiellement plus élevé.

VII. Trésorerie nette et besoin en fonds de roulement

Trésorerie consolidée (M MAD)FY-2023FY-2024FY-2025
Disponibilités21,4125,2149,58
Trésorerie passif-355,79-388,89-458,14
TRÉSORERIE NETTE-334,38-363,68-408,56

La trésorerie nette s'est encore dégradée de près de 45 MMAD sur l'exercice. Cette dégradation reflète deux causes simultanées qu'il faut bien distinguer pour éviter toute confusion : (i) la substitution LT→CT examinée précédemment (effet pur de structure de dette), et (ii) la légère hausse du BFR (+8,4 MMAD social).

La liquidité générale à 3,65× (Actif circulant / Passif circulant en social) reste largement confortable et donne au Groupe une marge de manœuvre conséquente. Les disponibilités, qui ont quasiment doublé (de 25,2 à 49,6 MMAD consolidé), constituent un coussin de sécurité significatif face aux échéances courtes.

VIII. Périmètre de consolidation : zoom sur les filiales

Le Groupe ALM consolide sept entités selon trois méthodes différentes. La contribution de chacune au résultat de l'exercice est révélatrice de la stratégie du Groupe :

FilialeActivité% ContrôleMéthodeRN 2025 (KMAD)
Afric IndustriesAbrasifs et adhésifs51,0%Intégration globale+7 530
BelpromoImmobilière99,9%Intégration globale-636
MansartImmobilière99,7%Intégration globale-8
Nafida AluminiumImmobilière100,0%Intégration globale+398
ALM AfricaNégoce articles aluminium99,99%Intégration globale-270
ALM SénégalNégoce articles aluminium51,0%Intégration proportionnellen.s.
La Roseraie de l'AtlasHôtellerie29,0%Mise en équivalence-1 090

Trois constats émergent : Afric Industries reste la pépite du Groupe avec un résultat net positif de 7,5 MMAD et une situation nette consolidée de près de 49 MMAD — une participation acquise à 19 MMAD qui vaut désormais plus de deux fois sa valeur d'apport. Les filiales immobilières (Belpromo, Mansart, Nafida) affichent des résultats marginaux, conformes à leur rôle de support patrimonial du Groupe. Enfin, La Roseraie de l'Atlas reste le maillon faible, avec une situation nette consolidée négative et une perte récurrente.

L'extension africaine via ALM Sénégal et ALM Africa demeure embryonnaire mais garde tout son intérêt stratégique, l'Afrique de l'Ouest représentant un débouché naturel pour les profilés en aluminium dans un contexte de boom de la construction.

IX. Lecture boursière : un titre redécouvert par le marché

1 793 DH
Cours référence
133,9 DH
BPA 2025
13,4×
PER 2025
5,58%
Rendement (yield)

Avec un cours de référence à 1 793 DH et une capitalisation boursière de 835 MMAD, ALM se traite à 13,4 fois ses bénéfices 2025. Ce multiple, élevé en valeur absolue, mérite trois lectures complémentaires :

Comparé au PER 2024 implicite (cours 2025 / BPA 2024 de 79,06 DH = 22,7×), le titre s'est largement dérisqué grâce au rattrapage du résultat. Si le marché avait anticipé dès le S1-2025 le RNPG final (BPA semestriel annualisé à 158 DH), le PER actuel apparaît même comme un point d'entrée raisonnable.

Le rendement du dividende ressort à 5,58%, un niveau particulièrement attractif dans le contexte marocain actuel — parmi les meilleurs rendements de la cote pour une valeur industrielle aux fondamentaux solides. Le payout ratio de 74,7% est élevé mais soutenable : il signale que le management privilégie le retour à l'actionnaire plutôt que des projets d'investissement massifs.

Le P/B de 3,2× est cohérent avec un ROE de 23,8% — la prime sur la valeur comptable est justifiée par la rentabilité économique. À ROE constant, le titre n'apparaît ni surévalué ni sous-évalué selon cette mesure.

Une trajectoire de marges opérationnelles passées de 6,6% à 10,6% en deux exercices, accompagnée d'un ratio Dette nette/EBITDA qui s'améliore de 4,1× à 3,2×, constitue le vrai signal fondamental de l'exercice 2025 — bien plus que la baisse spectaculaire mais en partie illusoire du seul passif long terme.

— Lecture MarocBoursier Research

X. Perspectives 2026 : trois zones de vigilance

📈 Catalyseurs positifs 2026

Cycle BTP marocain : les grands chantiers liés aux infrastructures du Mondial 2030 et aux projets immobiliers structurants devraient soutenir la demande de profilés aluminium.

Levier opérationnel intact : tant que la base de coûts reste maîtrisée, chaque dirham additionnel de CA continue de générer un effet ciseau positif.

Coût de la dette maîtrisé : la stratégie de refinancement vers le court terme a permis une économie d'intérêts. Tant que les taux courts restent contenus, ce gain est récurrent.

⚠️ Points de vigilance

Refinancement et taux courts : 80% de la dette est désormais à court terme. Une remontée des taux ou un durcissement des conditions bancaires marocaines pèserait directement sur le résultat financier.

Cours de l'aluminium LME : ALM est exposée à la volatilité du métal de base (achats consommés à 940 MMAD = 72% du CA). Toute hausse durable du LME pèserait sur les marges si elle ne pouvait être répercutée.

BFR et trésorerie passif : le BFR de 380 MMAD à fin 2025 mobilise un financement court terme qui devra être maîtrisé en 2026 pour préserver la qualité de la structure financière.

À Retenir · Aluminium du Maroc · Résultats 2025

  • Chiffre d'affaires consolidé : 1 304,91 MMAD, +4,9% vs 2024.
  • Résultat d'exploitation : 138,50 MMAD, +26,2% — marge à 10,61% (vs 6,63% en 2023).
  • RNPG : 62,41 MMAD, +69,4% vs 2024 — multiplié par 9 en deux ans.
  • ROE : 23,8%, ROA 5,78% — niveaux remarquables pour un industriel marocain.
  • Refinancement de la dette : passif long terme −38% (de 184 à 114 MMAD), mais compensé à hauteur de +69 MMAD par du financement court terme. Dette brute totale stable à ~573 MMAD ; dette nette en repli de 4,5% à 523 MMAD.
  • Levier amélioré : Dette nette/EBITDA passe de 4,1× à 3,2× — gain réel mais qui provient de la croissance de l'EBITDA, pas d'un désendettement nominal.
  • Risque structurel : 80% de la dette est désormais à court terme — exposition accrue au refinancement et aux taux courts.
  • Dividende par action : 100 DH (vs 90 DH en 2024), yield à 5,58% au cours de 1 793 DH.
  • Valorisation : PER 13,4×, P/B 3,2×, payout 74,7% — multiples cohérents avec le ROE.
SOURCES · Aluminium du Maroc S.A. — Communiqué de presse résultats financiers 2025, comptes sociaux et consolidés au 31/12/2025 (publication Tanger, 24 avril 2026) · Rapport général des commissaires aux comptes BDO S.A. & A&T Auditeurs Consultants (Rabat-Tanger, 24 avril 2026) · Bourse de Casablanca — fiche valeur ALM · Suivi financier propriétaire MarocBoursier Research, ratios calculés à partir des comptes publiés. Toutes les valeurs en M MAD ou MAD selon précision. Article rédigé par MarocBoursier Research — 29 avril 2026 — marocboursier.com