Analyse fondamentale d’Ennakl Automobiles (NKL)
Résultats financiers récents d’Ennakl Automobiles
Ennakl Automobiles, concessionnaire multimarque (Volkswagen, Audi, Seat, Skoda, Porsche, etc.) en Tunisie, a affiché des résultats financiers robustes sur les derniers exercices malgré un contexte économique difficile. Voici les principaux indicateurs récents :
Chiffre d’affaires : Après une forte reprise post-pandémie en 2023 (+29% à 645 MD TND contre 497 MD en 2022boursenews.ma), le chiffre d’affaires a légèrement reculé en 2024 à 595 MD TND (–7,8% sur un anilboursa.com). En données consolidées (incluant les filiales comme la location Hertz et la pièce de rechange), les ventes 2024 atteignent 677,7 MD TND (vs 714,5 MD en 2023, –5,4%ilboursa.com). Cette baisse modérée s’explique par une contraction du volume de véhicules vendus (6 599 immatriculations en 2024, part de marché ~12% en Tunisieilboursa.com) dans un marché en stagnation. Néanmoins, Ennakl a conservé son leadership sur le marché tunisien en 2023 et 2024, avec environ 12–13% de part de marché selon les sourcesboursenews.maboursenews.ma.
Rentabilité et bénéfices : La baisse de revenus en 2024 n’a pas empêché une forte progression du bénéfice grâce à l’optimisation des coûts. Le résultat net consolidé 2024 a bondi à 48,3 MD TND, en hausse de +20% par rapport à 2023 (40,3 MD)ilboursa.com. Au niveau individuel (société mère), le résultat net 2024 atteint 44,2 MD TND, en hausse de +27% sur un anilboursa.com. En 2023, le bénéfice consolidé était en légère baisse (–4,8%) à 40,3 MD TNDboursenews.ma, mais le bénéfice individuel progressait de +11% (34,8 MD en 2023)boursenews.ma. La marge brute s’est améliorée en 2024, passant à 16,8% (vs 16,5% en 2023) et même 19,1% en consolidé (vs 18,2%ilboursa.com), reflet d’une meilleure maîtrise des coûts et d’un mix produit favorable (vente de pièces de rechange, véhicules premium, etc.). La marge nette du groupe s’établit autour de 7% en 2024, en nette amélioration (contre ~5,6% en 2023).
Structure financière : Ennakl a significativement renforcé sa structure financière. Au 1er semestre 2025, la société a presque effacé sa dette financière, passant d’un endettement de 9,9 MD TND à fin juin 2024 à seulement 1 MD TND à fin juin 2025ilboursa.comilboursa.com. Cette réduction spectaculaire de la dette, couplée à une trésorerie toujours positive (trésorerie nette de 9,4 MD malgré le paiement de dividendes mi-2025ilboursa.com), illustre la politique de désendettement et de gestion prudente de la trésorerie menée par le management. En parallèle, les charges financières ont été drastiquement réduites (0,8 MD au S1 2025 contre 2,7 MD un an plus tôt, soit –69%ilboursa.com), grâce à la diminution du recours à l’escompte et une meilleure gestion du besoin en fonds de roulement. La masse salariale a également été optimisée (–12,8% au S1 2025)ilboursa.com. Ces efforts de productivité et d’économies ont permis de préserver la rentabilité malgré des ventes légèrement en retrait.
Dividendes et rendements : Ennakl maintient une politique de distribution attrayante. Au titre de 2024, un dividende de 0,880 TND par action a été distribué (vs 0,700 TND l’année précédente), offrant un rendement de ~6,8% sur le cours de début 2025managers.tn. Historiquement, le titre se distingue par son haut rendement et une valorisation modérée. D’après un média financier marocain, Ennakl se paie à environ 10 fois les bénéfices seulement, avec l’un des meilleurs ratios de rendement du marchéboursenews.ma. Cette situation suggère une certaine sous-valorisation boursière au vu des fondamentaux solides de l’entreprise.
En résumé, les derniers résultats financiers d’Ennakl sont positifs : la légère érosion du chiffre d’affaires en 2024 a été plus que compensée par l’amélioration des marges et la baisse des charges, aboutissant à des profits en forte hausse. La société présente un bilan sain, très peu endetté, et génère suffisamment de trésorerie pour rémunérer généreusement ses actionnaires tout en investissant dans de nouveaux relais de croissance.
Contexte économique en Tunisie et au Maroc
Les perspectives d’Ennakl sont étroitement liées à la conjoncture économique de la Tunisie (son principal marché) et dans une certaine mesure à celle du Maroc (où le titre est coté et où l’entreprise pourrait chercher de nouvelles opportunités régionales). Voici les facteurs macroéconomiques clés affectant le secteur automobile dans ces pays :
Inflation et pouvoir d’achat en Tunisie : La Tunisie traverse une période d’inflation persistante, qui bien qu’en ralentissement, reste élevée. En 2024, l’inflation moyenne a été d’environ 7% (contre 9,3% en 2023), et encore 6,2% en glissement annuel en décembre 2024webmanagercenter.com. Ce niveau d’inflation, supérieur à la hausse des revenus, **érode le pouvoir d’achat des ménages tunisiens】webmanagercenter.com. Conséquence directe : la capacité des particuliers à financer l’achat de voitures neuves est mise sous pression. De plus, pour contenir l’inflation, la Banque Centrale de Tunisie maintient des taux d’intérêt directeurs élevés (7,5% en 2025)kapitalis.com, ce qui renchérit le coût des crédits automobiles. Beaucoup de ménages se retrouvent fragilisés financièrement, les mensualités d’emprunt pouvant dépasser un tiers des revenus disponibleskapitalis.com. Cette conjonction d’une inflation encore forte et de taux élevés tend à freiner la consommation durable, notamment l’achat de véhicules neufs qui peut souvent être reporté ou substitué par un véhicule d’occasion.
Croissance et climat économique en Tunisie : L’économie tunisienne connaît une croissance atone. La croissance du PIB n’était que de ~1,4% en 2024tresor.economie.gouv.fr, tout juste suffisante pour retrouver le niveau pré-pandémie. Le pays fait face à des déséquilibres (dette, déficit extérieur, pénuries de devises) qui limitent la marge de manœuvre pour stimuler l’économie. Le chômage et la précarité demeurent élevés, ce qui pèse sur la confiance des consommateurs. Ce contexte globalement morose impacte directement le marché automobile tunisien : les achats de voitures neuves sont en grande partie limités aux ménages aisés ou aux entreprises, tandis que le grand public subit la baisse du pouvoir d’achat. Ennakl a toutefois réussi à tirer son épingle du jeu via son positionnement multi-segments : la société vend non seulement des véhicules d’entrée/milieu de gamme (Volkswagen, Seat, Skoda) mais aussi des modèles premium (Audi, Porsche) dont la clientèle est moins affectée par la conjoncture, ainsi que des utilitaires et camions pour les professionnels.
Réglementation des importations en Tunisie : Un facteur macroéconomique clé du secteur automobile tunisien est le contrôle administratif des importations. Pour préserver les réserves de change et l’équilibre de la balance commerciale, l’État fixe chaque année un Programme Général d’Importation (PGI) qui plafonne le volume total de véhicules que peuvent importer les concessionnairesespacemanager.combvmt.com.tn. Ce quota global, réparti entre les concessionnaires selon leurs parts de marché historiquesbvmt.com.tn, a même été réduit ces dernières années : d’environ 60 000 véhicules autorisés en 2020, le quota est tombé à 50 000 en 2023-2024espacemanager.com. Or le marché tunisien aurait une demande naturelle plus élevée (en 2018-2019, les ventes dépassaient 70 000 unités). Cette limitation artificielle crée une pénurie relative de véhicules neufs, alimentant la hausse des prix et reportant une partie de la demande vers le marché parallèle des véhicules d’occasion importés. En 2024, environ 1 voiture sur 3 immatriculée en Tunisie provenait du marché parallèle (20 000 “ré-immatriculations” d’occasion, vs 52 000 ventes neuves)espacemanager.comespacemanager.com. Pour Ennakl, ces restrictions constituent une contrainte sur son volume d’activité, mais elles ont aussi un effet stabilisateur : la concurrence se fait davantage sur la répartition du quota que sur une guerre des prix, et la demande excédentaire non satisfaite pourrait devenir un réservoir de croissance si les quotas sont relâchés. D’ailleurs, les concessionnaires plaident pour relever le quota d’importation en 2025 afin de mieux répondre aux besoins du marché localespacemanager.com. Une augmentation du PGI (par exemple retour à 60k véhicules) permettrait à Ennakl d’augmenter ses ventes, toutes choses égales par ailleurs.
Économie et marché automobile marocains : Le Maroc, où l’action Ennakl est cotée, offre un contexte plus favorable sur le plan macroéconomique ces derniers temps. Après une année 2022 difficile (sécheresse, inflation importée), la croissance marocaine a rebondi à +3,4% en 2023hcp.ma et devrait atteindre ~3,7-3,8% en 2024hcp.ma, soutenue par le redressement agricole et la vigueur de la demande intérieure. Sur le front des prix, l’inflation marocaine, qui avait culminé à 10% en février 2023, a fortement décéléré grâce aux mesures de la Banque centrale (taux directeur porté à 3%)afrique2.medias24.comafrique2.medias24.com. Fin 2023, l’inflation est retombée à 3,4% (moyenne annuelle ~6,1%, en baisse par rapport à 2022)afrique2.medias24.com. Les taux d’intérêt, bien plus bas qu’en Tunisie, facilitent l’accès au crédit automobile, et les banques marocaines proposent de plus en plus des formules de financement et de leasing (LOA) pour l’achat de voituresleguideauto.ma. Le marché automobile marocain lui-même a fait preuve d’une grande dynamisme en 2023-2024. En 2023, ~161 000 véhicules neufs ont été vendus (+0,1%)medias24.com, et l’année 2024 a établi un record avec 176 400 unités vendues (+9,2%)leguideauto.ma – presque trois fois le marché tunisien. La demande au Maroc est tirée par une classe moyenne plus large, un accès au financement plus aisé et un contexte économique relativement stable. Cela dit, la performance d’Ennakl n’est pas directement corrélée à l’économie marocaine, puisque la société n’y opère pas (son core business est en Tunisie). Cependant, la bonne santé du secteur auto marocain témoigne d’une tendance régionale positive et offre un point de comparaison : en l’absence de contraintes d’importation et avec une croissance plus forte, les ventes de véhicules progressent significativement. Pour les investisseurs marocains qui suivent NKL, la conjoncture locale favorable peut renforcer l’attrait du titre (meilleur sentiment global sur le secteur automobile).
En synthèse, le contexte macroéconomique tunisien reste le principal frein à une forte croissance des ventes d’Ennakl : inflation élevée, pouvoir d’achat en berne, crédits coûteux et quotas restrictifs composent un environnement difficile. Néanmoins, Ennakl a fait preuve de résilience dans ce cadre, et pourrait bénéficier à l’avenir de tout assouplissement des politiques (hausse des quotas, incitations aux véhicules électriques, etc.) ou d’une amélioration économique (accord financier international, reprise de la croissance) en Tunisie. Au Maroc, l’environnement est nettement plus porteur pour le secteur auto, ce qui pourrait inspirer Ennakl à envisager des expansions régionales ou du moins rassurer les investisseurs quant au potentiel de rattrapage du marché tunisien à moyen terme.
Perception d’Ennakl dans les médias tunisiens et marocains
Globalement, l’image médiatique d’Ennakl est positive ces derniers temps, reflétant les bons résultats de l’entreprise et son positionnement de leader. Les journaux économiques tunisiens soulignent la rentabilité et la solidité d’Ennakl, tandis que la presse financière marocaine note une valorisation attrayante du titre en Bourse.
En Tunisie, la couverture médiatique met en avant la réussite opérationnelle d’Ennakl en 2023-2024. Par exemple, le magazine Managers qualifie 2024 d’« année réussie » pour Ennakl, notant qu’il n’y a « pas de risques particuliers pour l’exercice en cours » et recommande aux actionnaires de conserver le titre compte tenu de ses performancesmanagers.tn. Les lancements de nouveaux modèles (Audi Q6 e-tron, Cupra Terramar…) et les initiatives comme le premier rapport ESG du secteur auto tunisien par Ennakl sont également relayés positivement, montrant une entreprise innovante et engagéeilboursa.comilboursa.com. Ennakl est perçue comme un concessionnaire de référence, ayant maintenu sa position de leader du marché tunisien en 2023 avec 7 063 ventesboursenews.ma et une large gamme de marques couvrant tous les segments. Un communiqué de presse de la société début 2024 se félicitait d’ailleurs de cette place de n°1, avec des parts de marché dominantes sur plusieurs segments : Audi leader du premium, Volkswagen utilitaires 6% du marché, etc.ennakl.comennakl.com. La presse souligne la diversification réussie d’Ennakl (véhicules particuliers, utilitaires, poids lourds, location courte durée, véhicules d’occasion…) et sa stratégie axée sur la satisfaction client et le service après-venteennakl.com. Ces éléments contribuent à une image d’entreprise solide, bien gérée et tournée vers l’avenir. Même face aux défis du marché, Ennakl est décrite comme résiliente : un article titrait qu’au 1er semestre 2025, « ENNAKL Automobiles confirme sa solidité financière et sa capacité à optimiser ses ressources »ilboursa.com, citant sa maîtrise des charges et son désendettement.
Au Maroc, où Ennakl est cotée sur la Bourse de Casablanca depuis 2010, l’entreprise est également vue favorablement, bien que le titre soit peu liquide et donc moins suivi. La presse marocaine relève que l’action NKL est sous-évaluée par rapport à ses fondamentaux. Un article de Bourse News notait en mai 2024 qu’Ennakl affiche « des ratios boursiers des plus attractifs du marché casablancais », avec un rendement >6% et un PER d’environ 10 seulementboursenews.ma. Malgré la hausse des profits et la solidité financière, « l’action reste bon marché », traduisant une décote injustifiée liée en partie au manque de liquidité du titre et à la communication limitée de la société envers les investisseurs marocainsboursenews.ma. Le management a réagi en multipliant les rencontres à Casablanca pour expliquer la stratégie et les objectifs d’Ennakl aux analystes locauxboursenews.ma. Cette démarche de transparence semble porter ses fruits, rapprochant la valorisation de l’action de sa réalité économique. Par ailleurs, les médias marocains soulignent la stratégie proactive d’Ennakl : lors d’une conférence à la Bourse de Casablanca le 27 mai 2025, les dirigeants ont mis en avant la gouvernance exemplaire du groupe (conseil d’administration indépendant, adoption des normes ESG) et insisté sur les relais de croissance futurs, notamment les véhicules électriques où Ennakl se positionne en pionnier en Tunisieboursenews.ma. Les analystes marocains saluent également la capacité d’Ennakl à dégager une croissance dans une « économie tunisienne convalescente » et un marché contraint, grâce à la qualité de ses marques et à la diversification dans les métiers rentables (pièces de rechange représentant 16% de la marge brute consolidée prévue, location courte durée en forte progression +40% sur 2024)boursenews.maboursenews.ma. Cette exécution opérationnelle rigoureuse, combinée à un titre en bourse décoté, contribue à une perception très positive d’Ennakl parmi les commentateurs financiers.
En somme, les médias locaux dressent un tableau flatteur d’Ennakl : un leader solide, rentable, bien gouverné et innovant dans un secteur pourtant sous contrainte. Les quelques réserves exprimées concernent surtout l’environnement (stagnation du marché tunisien) et la liquidité du titre en Bourse, mais pas la performance intrinsèque de l’entreprise. Cela suggère que la confiance dans la gestion et les perspectives d’Ennakl est élevée, ce qui est de bon augure pour l’évolution future de son cours si ces perspectives se concrétisent.
Perspectives du secteur automobile en Tunisie, au Maroc et au Maghreb
Le secteur automobile du Maghreb offre des dynamiques contrastées, entre un marché marocain en expansion et un marché tunisien bridé par l’économie et la régulation. Évaluer les perspectives d’Ennakl nécessite de situer l’entreprise dans ces tendances sectorielles régionales pour les prochains mois et années :
Tunisie – Stabilisation avec potentiel de rattrapage conditionnel : Le marché automobile tunisien officiel est actuellement au point mort en volume. En 2023, environ 55 800 véhicules neufs ont été immatriculés, à peine +0,6% vs 2022ilboursa.com. En 2024, les ventes ont même stagné autour de 52 000 unitésespacemanager.com, en dessous du niveau pré-Covid. Cette quasi-atonie résulte principalement des quotas d’importation réduits (50k/an) et de la conjoncture économique faible. À court terme, le scénario central est une poursuite de cette stabilité : pour 2025, on peut anticiper des ventes totales similaires (50–55k véhicules) sauf changement de politique. Néanmoins, des éléments positifs pointent à l’horizon : le gouvernement pourrait relâcher légèrement la bride des importations. Les concessionnaires espèrent un retour au quota de 60k véhicules/anespacemanager.com, ce qui représenterait +20% de volume potentiel supplémentaire pour le marché. De plus, l’État envisage d’augmenter le plafond de prix des “voitures populaires” (véhicules économiques bénéficiant d’une TVA réduite) au-delà de 35 000 TNDespacemanager.com, afin de permettre l’arrivée de nouveaux modèles éligibles. Si cette mesure se concrétise en 2025, elle pourrait doper les ventes sur le segment entrée de gamme, dont Ennakl pourrait bénéficier via certaines de ses marques (Seat, Skoda). Par ailleurs, le besoin de renouvellement du parc tunisien est criant (plus de 50% des véhicules en circulation ont plus de 15 ansespacemanager.com), ce qui signifie que la demande latente est forte : dès que les conditions le permettront (accès au crédit, offre disponible), les ventes pourraient connaître un rebond significatif. Ennakl, avec sa palette de marques diversifiées, est bien positionnée pour capter cette reprise. Enfin, l’émergence progressive de la mobilité électrique/hybride en Tunisie constitue une opportunité à moyen terme. Bien que les chiffres actuels soient modestes (seulement 226 voitures 100% électriques vendues en 2024, et ~3 000 hybridesespacemanager.com), le gouvernement travaille sur un cadre (bornes de recharge, incitations fiscales) pour stimuler ce marché naissant Ennakl, représentant du groupe VW qui investit lourdement dans l’électrique, pourra introduire davantage de modèles EV (à l’instar de l’Audi Q6 e-tron déjà lancé ou de futurs modèles VW/Skoda électriques) et prendre une longueur d’avance sur ce segment en croissance. Ainsi, le secteur auto tunisien devrait rester difficile dans l’immédiat, mais présente des perspectives de croissance réalistes à moyen terme si les réformes économiques aboutissent. Ennakl anticipe d’ailleurs maintenir en 2025 un chiffre d’affaires et un bénéfice au moins équivalents à 2024, preuve d’un optimisme mesuré sur sa capacité à naviguer dans ce marché contraint tout en poursuivant son développement (nouveaux produits, services, etc.).
Maroc – Poursuite de la dynamique positive : Le marché automobile marocain aborde 2025 sur une lancée très favorable. Après le record de 176 000 ventes en 2024 (+9%), les projections de l’Association des importateurs (AIVAM) tablent sur une nouvelle croissance supérieure à +5% en 2025 pour atteindre environ 185 000 unités. Plusieurs facteurs soutiennent cette tendance : la reprise du tourisme (qui stimule la demande en véhicules de location et flottes d’entreprises, d’où la forte hausse des utilitaires +18% en 2024, l’accélération de la motorisation des ménages aidée par des offres de financement attractives (plus de la moitié des achats sont à crédit ou leasing, et l’arrivée massive de nouveaux modèles notamment électrifiés. Le Maroc connaît en effet une véritable révolution de l’électromobilité : plus de 11 000 véhicules à énergie alternative vendus en 2024 (6,3% du marché total), et l’offre s’élargit à plus de 113 modèles électrifiés disponibles. Cette avancée, portée par des marques comme Toyota (hybrides) ou Dacia (voitures électriques à bas prix), montre l’appétit du marché pour les nouvelles technologies. Dans ce contexte, bien qu’Ennakl n’opère pas directement au Maroc, le secteur automobile maghrébin dans son ensemble est bien orienté. L’Algérie voisine représente aussi un énorme marché potentiellement en reprise si les importations de voitures neuves reprennent (après des années de blocage). D’ailleurs, fin 2023 l’Algérie a octroyé des agréments à certains importateurs, ce qui pourrait rouvrir progressivement ce marché de plus de 100 000 véhicules/an. Ennakl pourrait éventuellement profiter indirectement de cette dynamique régionale via des synergies ou partenariats (par exemple, échange d’expertise, opportunités de croissance externe dans la région). Plus concrètement, la bonne santé du marché marocain est de nature à attirer l’attention des investisseurs régionaux sur les acteurs du secteur automobile cotés, y compris Ennakl. Si NKL est perçue comme en retard du fait des contraintes tunisiennes, cela pourrait nourrir un sentiment que le titre a un potentiel de rattrapage dès que la situation en Tunisie s’améliore.
En résumé, les perspectives du secteur automobile Maghrébin sont mixtes : très porteuses au Maroc, atones en Tunisie dans l’immédiat. Toutefois, en Tunisie même, des signaux encourageants (volonté d’augmenter les quotas, nécessité de renouveler un parc vieillissant, intérêt naissant pour l’électrique) laissent entrevoir une amélioration possible dans les prochaines années. Ennakl, grâce à son positionnement de leader multi-segments et à sa stratégie proactive (diversification dans les services à forte marge, anticipation des tendances électriques…), est particulièrement bien placé pour bénéficier de toute embellie du marché tunisien. D’ici là, l’entreprise continue de générer des profits robustes même dans un scénario de marché “flat”, ce qui limite le risque baissier. Le secteur restera tributaire de facteurs macro (inflation, réglementation) sur le court terme, mais les fondamentaux de la demande automobile au Maghreb (désir de mobilité individuelle, rajeunissement du parc, croissance démographique) assurent un potentiel haussier structurel à plus long terme.
Conclusion : Perspectives pour le cours de NKL – Hausse en vue ou recul ?
À la lumière des éléments analysés – santé financière d’Ennakl, contexte macro en Tunisie/Maroc, perception médiatique et tendances sectorielles – il est possible de formuler une perspective sur l’évolution probable du cours de l’action NKL dans les prochains mois.
Ennakl Automobiles présente des fondamentaux solides et un profil résilient, ce qui milite en faveur d’une évolution plutôt haussière de son cours à moyen terme. Plusieurs arguments soutiennent cette thèse :
Sur le plan financier, la société a prouvé sa capacité à augmenter ses bénéfices malgré un marché stagnant, en améliorant ses marges et en réduisant ses coûts. Une entreprise qui parvient à croître en période difficile sera idéalement placée pour profiter à plein d’une reprise du marché. De plus, la politique de dividende généreux (rendement >6%) rémunère l’attente des actionnaires et devrait continuer d’attirer les investisseurs en quête de rendement, soutenant le cours. La valorisation actuelle apparait modérée (PE ~10x), ce qui laisse de la marge à une revalorisation à la hausse si la confiance s’améliore
Ennakl est leader sur son marché et dispose d’avantages concurrentiels nets (portefeuille de marques couvrant tous les segments, réseau après-vente étendu, gouvernance moderne). Cette position dominante lui permet de mieux absorber les chocs (comme la baisse globale du marché) et d’être parmi les premiers à bénéficier d’un éventuel rebond de la demande. Les récents développements – conquête rapide de parts de marché en camions, montée en puissance de la vente de pièces détachées, etc. – montrent qu’Ennakl trouve des relais de croissance même dans un marché plafonné. Ces diversifications renforcent la stabilité de ses revenus et son profil de croissance future, ce qui est généralement apprécié en Bourse.
Du point de vue macroéconomique, certes la Tunisie reste un risque à court terme (faiblesse de la consommation, incertitudes politiques et financières). Cependant, beaucoup de mauvaises nouvelles semblent déjà intégrées dans le cours actuel. À moins d’une dégradation majeure imprévue (par exemple une crise financière aiguë en Tunisie qui affecterait le secteur privé), le scénario de base est plutôt une lente amélioration ou au pire une stagnation. Or, toute nouvelle positive (accord de financement international, baisse durable de l’inflation, ou assouplissement des restrictions d’importation de véhicules) pourrait servir de catalyseur haussier pour l’action Ennakl. L’entreprise a démontré qu’elle pouvait maintenir son niveau de résultat même avec un chiffre d’affaires en baisse, ce qui signifie qu’en cas de reprise des ventes (même modeste), l’effet sur les profits et donc sur l’attractivité boursière serait levier. Les perspectives sectorielles de long terme (parc à renouveler, potentiel de croissance des ventes de voitures en Tunisie) jouent en faveur d’une vision optimiste sur la capacité d’Ennakl à croître à nouveau dès que le contexte s’y prêtera.
Enfin, le sentiment du marché et des médias vis-à-vis d’Ennakl est favorable. Les actionnaires de référence continuent d’y croire (une Assemblée Générale tenue en avril 2025 a reconduit la stratégie et augmenté le dividende), et les analyses publiques encouragent à conserver le titre. Au Maroc, malgré la faible liquidité, la direction multiplie les efforts de communication pour réduire la décote du titre. Cette conjugaison de signaux (confiance du management, message positifs des analystes, intérêt des investisseurs value pour le rendement) crée un terrain propice à une revalorisation progressive du cours.
En tenant compte de ces éléments, il apparaît que la probabilité d’une évolution haussière du cours de NKL dans les prochains mois est élevée. Certes, il convient de rester prudent : si la situation économique tunisienne venait à se détériorer davantage (par exemple, nouvelle envolée de l’inflation ou restriction encore plus sévère des importations), l’action pourrait temporairement en souffrir. Néanmoins, au cours actuel d’environ 34 TND/MAD, beaucoup de risques sont déjà pricés, tandis que les atouts d’Ennakl (bénéfices en hausse, bilan sain, position de leader) ne semblent pas pleinement valorisés.
En conclusion, d’un point de vue fondamental, Ennakl Automobiles offre un profil attractif de rendement et de résilience, ce qui devrait soutenir une orientation plutôt haussière de son titre. Pour un investisseur de moyen terme, le potentiel de hausse paraît l’emporter sur les risques de baisse, sous réserve bien sûr d’un environnement macroéconomique qui ne se dégrade pas abruptement. Ainsi, sauf choc externe majeur, on peut s’attendre à ce que le cours de NKL tende à progresser au fil des prochains mois, à mesure que la solidité fondamentale de l’entreprise continue de se confirmer dans ses résultats et que le marché anticipe une amélioration graduelle du secteur automobile tunisien.
