Analyse de la baisse du cours d’Afric Industries (AFI) fin juin 2025

Résultats financiers en demi-teinte

En 2024, Afric Industries a affiché un chiffre d’affaires stable (~43,1 MDH) mais un résultat net en forte hausse à 9,9 MDH (+123%), dû principalement à des éléments exceptionnelsboursenews.ma. En effet, la société a reversé une provision de 5,16 MDH liée à sa participation dans l’hôtel Oberoi Marrakech, ce qui a dopé le résultat financierboursenews.ma. Hors éléments exceptionnels, la performance sous-jacente était bien plus modeste. Par ailleurs, un contrôle fiscal s’est soldé en février 2025 par un accord à l’amiable d’environ 1,76 MDH, obligeant Afric Industries à provisionner 1,55 MDH en 2024boursenews.ma. Ces charges non récurrentes ont entamé la trésorerie de l’entreprise.

Sur le premier semestre 2025, les ventes ont progressé de +7% (21,3 MDH contre 19,9 MDH un an plus tôt)medias24.comboursenews.ma. Cette croissance provient essentiellement de la branche “accessoires en aluminium”, très dynamique, tandis que l’activité historique des abrasifs est restée stagnanteboursenews.ma. Cette stagnation du cœur de métier laisse entrevoir des difficultés structurelles sur le marché des abrasifs. Notons d’ailleurs qu’Afric Industries a souffert ces dernières années de la concurrence informelle dans les rubans adhésifs, un segment jugé structurellement non rentable et en cours d’abandonidbourse.com. Ainsi, malgré la légère hausse des revenus en 2025, les fondamentaux de l’entreprise demeuraient fragiles (activité principale atone et dépendance à une diversification récente dans l’aluminium).

Dividende anticipé et chute de la trésorerie

Malgré un contexte d’activité mitigé, le Conseil d’administration a proposé d’augmenter le dividende de 10% (porté à 22 DH par action au titre de 2024, contre 20 DH l’année précédente)boursenews.ma. L’Assemblée Générale Ordinaire du 6 mai 2025 a entériné cette distribution, fixant la mise en paiement au 19 juin 2025librentreprise.ma. Cela représente un rendement élevé (~6-7% du cours), apprécié des actionnaires, mais l’effet sur la trésorerie a été lourd. En choisissant 2025 pour verser ce dividende un mois plus tôt qu’habituellement (en juin au lieu de juillet)lenouvelliste.ma, la société a vu sa trésorerie chuter de 92% sur un an, tombant à seulement 273 000 DH au 30 juin 2025 (contre 3,43 MDH un an plus tôt)lenouvelliste.ma. Cette quasi-épuisement du cash est directement attribué au paiement anticipé des dividendes en juin 2025lenouvelliste.ma. En d’autres termes, Afric Industries a puisé dans ses réserves pour rémunérer ses actionnaires, au risque de se fragiliser financièrement.

Du point de vue des investisseurs, cette situation a été perçue négativement. Une trésorerie presque à sec signifie moins de marge de manœuvre pour financer le fonds de roulement ou d’éventuels investissements, et potentiellement un recours accru à l’endettement à court terme. Le choix d’avancer le dividende a pu susciter des interrogations : certains y ont vu le signe que l’actionnaire de référence (le groupe Aluminium du Maroc, qui détient ~47-51% du capitalidbourse.comboursenews.ma) souhaitait accélérer le retrait de cash, peut-être pour répondre à ses propres besoins. Quelle qu’en soit la raison, ce signal d’alarme financier a entamé la confiance du marché.

Gouvernance et absence de changements majeurs

Sur le plan de la gouvernance, aucun changement notable n’est survenu autour de fin juin 2025 qui pourrait expliquer la baisse du cours. L’entreprise était toujours dirigée par Bilal Benhima en tant que Directeur général (nommé en 2019) et présidée par Malika El Alami au Conseil d’administrationlibrentreprise.ma. Aucune démission, éviction ou nomination de haut niveau n’a été annoncée durant cette période. La continuité managériale suggère que la chute du titre n’est pas liée à un choc de gouvernance (tel qu’un départ soudain d’un dirigeant clé). De même, aucun scandale interne (fraude, litige majeur impliquant des dirigeants, etc.) n’a été rapporté en lien avec Afric Industries en 2025. Hormis le redressement fiscal déjà mentionné – qui reste un événement courant et géré à l’amiable – la réputation de la société n’a pas été ternie par des affaires publiques.

Environnement économique et facteurs externes

La baisse du cours d’AFI intervient dans un contexte macroéconomique relativement neutre, voire favorable, au Maroc. Fin juin 2025, l’inflation était en net ralentissement (seulement +0,4% en mai) et la banque centrale Bank Al-Maghrib a maintenu son taux directeur inchangé à 2,25% lors de sa réunion du 24 juin 2025boursenews.ma, après l’avoir légèrement abaissé au début de l’année. Des taux d’intérêt bas et une inflation maîtrisée constituent plutôt un soutien pour les entreprises cotées, en réduisant leurs coûts financiers et en préservant le pouvoir d’achat. Par ailleurs, la croissance des secteurs non agricoles montrait des signes d’accélération au niveau nationalboursenews.ma.

Sur le plan sectoriel, on note une légère baisse des prix à la production industrielle en juin 2025 (-0,1% hors pétrole) principalement due au recul des prix dans l’agroalimentaire et la fabrication de machineslobservateur.infolobservateur.info. Les prix dans la métallurgie ont même légèrement augmenté ce mois-là (+0,2%)lobservateur.info. Cela suggère que les conditions de marché pour les produits industriels restaient concurrentielles, avec une faible inflation voire une pression baissière sur les prix de vente. Pour Afric Industries, dont les abrasifs et accessoires métalliques dépendent de la demande industrielle, ce climat de stabilisation des prix n’a pas engendré de choc particulier, mais il implique que la société ne pouvait pas compter sur une hausse des tarifs pour améliorer ses marges.

Aucun événement politique majeur au Maroc (élection, changement réglementaire soudain, etc.) n’a directement affecté Afric Industries sur cette période. De même, nous n’avons pas trouvé de nouvelle réglementation environnementale ou sectorielle spécifique en 2025 qui aurait pu impacter négativement les activités d’Afric Industries (comme de nouvelles normes contraignantes ou restrictions d’importation). En somme, les facteurs externes fin juin 2025 ne semblent pas être le catalyseur principal de la baisse du titre AFI – le climat était plutôt stable, et la Bourse de Casablanca dans son ensemble restait bien orientée (le MASI a d’ailleurs atteint un sommet historique fin juillet 2025medias24.com). La volatilité du titre s’explique donc surtout par des éléments propres à l’entreprise et par des dynamiques de marché techniques.

Dynamique boursière et impact des événements sur le cours

Le comportement du cours d’Afric Industries autour de fin juin 2025 reflète les éléments ci-dessus. Avant le 10 juin 2025, certains investisseurs ont probablement acheté l’action pour bénéficier du généreux dividende annoncé. Le 10 juin marquait la date de détachement du coupon (ex-dividende)casablanca-bourse.com : comme attendu, le cours s’est ajusté mécaniquement à la baisse d’environ 22 DH ce jour-là (valeur du dividende). Dans les jours suivants, le titre a accentué sa correction, sans doute du fait de ventes additionnelles d’actionnaires ayant encaissé le dividende puis allégé leur position. L’action AFI est tombée jusqu’à environ 307 DH le 20 juin 2025cdgcapitalbourse.ma, alors qu’elle se traitait au-dessus de 340 DH avant l’AG. Cette chute d’environ -15% en deux semaines a coïncidé avec le paiement effectif du dividende le 19 juin (sortie de trésorerie actée) et la prise de conscience par le marché de l’ampleur du déséquilibre financier à court terme de la société (trésorerie quasi-nulle après distribution). Autrement dit, fin juin 2025, la conjonction d’une situation financière tendue (cash flow asséché) et d’un facteur technique boursier (dividende détaché) a lourdement pesé sur le cours de l’action.

Curieusement, dans la toute fin juin et début juillet, le titre a connu un sursaut spéculatif : il a même atteint son plus haut historique de 398,9 DH le 3 juillet 2025cdgcapitalbourse.ma, suggérant une volatilité extrême sur un titre à faible liquidité. Ce pic a été de courte durée et n’était pas soutenu par les fondamentaux – possiblement le résultat d’ordres isolés sur un marché étroit. Dès la mi-juillet, le cours est revenu sur sa tendance baissière. La publication des indicateurs du T2 2025 (le 23-25 juillet) a confirmé la situation : certes les ventes trimestrielles sont en petite hausse, mais la trésorerie au 30/6 n’était plus que de 0,27 MDHlenouvelliste.ma. Ces nouvelles ont pu conforter les actionnaires dans l’idée que le titre était surévalué à près de 400 DH. Dans les séances qui ont suivi, Afric Industries a reperdu du terrain. Au 31 juillet 2025, l’action cotait autour de 320 DHcdgcapitalbourse.ma, en baisse d’environ 20% par rapport à son sommet mensuel.

En résumé, la forte baisse du cours d’Afric Industries fin juin 2025 s’explique par une série de facteurs combinés :

  • Fragilité des fondamentaux financiers : activité principale peu dynamique et trésorerie étriquée, aggravée par le versement anticipé d’un dividende élevé. Les investisseurs ont perçu un risque accru sur la capacité de l’entreprise à financer sa croissance ou à faire face à un imprévulenouvelliste.ma.

  • Choix de gouvernance financière discutable : privilégier le cash immédiat pour l’actionnaire (dividende) plutôt que la consolidation financière a pu être interprété comme un manque de prudence, voire comme un signal d’alerte envoyé par l’actionnaire de référence.

  • Absence de catalyseurs positifs : pas de nouvelles expansion, ni de plan stratégique rassurant annoncés à ce moment-là pour contrebalancer les inquiétudes. Au contraire, l’entreprise investit très peu (seulement 127 kDH au S1 2025)lenouvelliste.ma, ce qui n’augure pas d’une croissance future forte.

  • Effet technique du dividende : le détachement du coupon en juin a mécaniquement fait baisser le cours, et beaucoup d’actionnaires de rendement sont sortis ensuite, accentuant la baisse. Sur une action peu liquide, ces mouvements ont un impact démultiplié.

Enfin, il convient de noter que le contexte économique général n’était pas directement en cause – il est resté relativement stable sur la période – mais la volatilité des marchés et l’étroitesse du flottant d’AFI ont amplifié la réaction du titre aux nouvelles de l’entreprise. La combinaison de ces facteurs a donc conduit à une défiance ponctuelle du marché fin juin 2025, expliquant la forte correction du cours de l’action Afric Industries à cette échéance. Les événements clés (AG du 6 mai, détachement du 10 juin, paiement du 19 juin) et leurs impacts – trésorerie en baisse, ajustement du cours et ventes d’investisseurs – ont joué un rôle déterminant dans cette évolution boursièrelenouvelliste.macdgcapitalbourse.ma.

Sources : Rapports de presse spécialisés et communiqués financiers d’Afric Industries (Médias24, Le Nouvelliste, Boursenews, Casablanca Bourse, etc.), consultés pour la période 2024-2025boursenews.malenouvelliste.macdgcapitalbourse.malibrentreprise.ma. Les données confirment l’analyse des facteurs internes (résultats, dividendes) et offrent un éclairage sur le contexte de marché et les réactions des investisseurs. Chaque élément évoqué ci-dessus est étayé par ces sources afin de fournir une vision complète et fiable des raisons de la baisse du cours d’AFI fin juin 2025.